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Les secrets d’un organisme bien proportionné ?

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Une fois de plus, grâce à la mouche drosophile, les chercheurs font des découvertes essentielles pour l’humain comme pour le reste du vivant. Les travaux de Pierre Léopold, de l’Institut Curie, sont publiés dans le prestigieux Developmental Cell.

Pour qu’un organisme se développe de manière harmonieuse, il faut que la croissance de chaque organe soit compatible avec le maintien de sa fonction et de ses proportions vis-à-vis des organes voisins. C’est particulièrement crucial dans le cas des organes dits bilatéraux, qui sont présents de manière symétrique de chaque côté du corps. Comment la croissance des organes s’ajuste-t-elle ? Et comment les proportions du corps sont-elles maintenues ? Jusqu’ici, cette question demeurait énigmatique. Pour y répondre, l’équipe de Pierre Léopold a utilisé un modèle très prisé pour l’étude du développement : les tissus imaginaux de la drosophile. Il s’agit de tissus qui donnent naissance aux organes de la mouche adulte (ailes, pattes, yeux, etc.). Les chercheurs ont montré que si l’on freine le développement d’un de ces tissus, les autres ralentissent également, de manière à maintenir les proportions entre les futurs organes adultes. Pierre Léopold et son équipe ont identifié plusieurs molécules impliquées dans cette coordination avec, à leur tête, une hormone appelée Dilp8. En amont, d’autres protéines telles que Xrp1 et Rps12 semblent jouer un rôle de « détecteur » de l’état de croissance. « Ces voies de contrôle, potentiellement conservées chez les mammifères et l’homme, sont importantes durant le développement normal des organes, mais jouent également un rôle clé au cours de la régénération tissulaire », commente Pierre Léopold.

Sources

Boulan et al., Inter-Organ Growth Coordination Is Mediated by the Xrp1-Dilp8 Axis in Drosophila, Developmental Cell (2019)