Nomination

Rencontre avec Franck Perez, nouveau directeur d’unité

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Au 1er janvier 2019, la direction de l’Unité Biologie Cellulaire et Cancer (UMR 144 CNRS/Institut Curie) a changé. Bruno Goud cède sa place de directeur d’unité au chef d’équipe Franck Perez. Rencontre avec ces deux chercheurs-managers et biologistes au Centre de recherche à Paris.

  • Franck Perez, pourquoi avoir postulé à cette direction ?
    Bruno Goud a porté l’unité pendant plus de deux mandats et chacun doit à son tour s’investir dans ces grands projets communs. Après discussion avec les autres chefs d’équipes de l’Unité compartimentation et dynamique cellulaire, il a semblé que je pourrais avoir le bon profil pour assumer la direction de l’unité. « Installé » depuis 20 ans à l’Institut Curie, j’ai vu beaucoup de ses facettes puisque j’y ai créé une jeune équipe qui a été ensuite pérennisée, créé deux plateformes communes, siégé à la Commission scientifique puis au Conseil d’administration de l’Institut Curie et que je suis très impliqué dans les questions de transfert technologique et de valorisation. J’espère que cette vision, alliée à mon rôle actif au sein de l’unité me permettra de la maintenir au niveau d’excellence scientifique qui la caractérise tout en renforçant les contacts et le partage en son sein.
  • Quelle est votre vision de l’Institut Curie ?
    C’est un institut qui est d’abord caractérisé par le pouvoir de faire. Grâce à la fondation et à la confiance de nos donateurs, il est possible d’imaginer des projets communs et de les soutenir en alliant ambition et excellence. L’Institut Curie est aussi caractérisé par un environnement d’une qualité et d’une diversité peu commune. Diversité des expertises, des modèles, des questions. Qualité des équipes, des plateformes et en général des structures de soutien. Il est essentiel que l’institut continue d’investir fortement sur ces structures parce que c’est le ciment de l’Institut.
  • Imaginez-vous tisser des liens avec l’Ensemble hospitalier, avec la recherche translationnelle ?
    La diversité que j’évoque ci-dessus est liée à l’ensemble des interfaces qui existent dans l’institut. Interface entre physique et biologie, particulièrement importante pour l’UMR144, interface avec la chimie et la biologie qu’il nous faudra renforcer, interface avec l’immunologie, avec la génétique, avec la bioinformatique, etc. Mais bien sûr, l’Institut Curie étant un centre de recherche contre les cancers avec un Ensemble hospitalier dédié à ces pathologies, il est essentiel d’investir l’interface avec la clinique, de profiter de l’expertise et des questions posées par les médecins et de travailler ensemble, directement ou au travers du Département de recherche translationnelle. C’est aussi pour affirmer cette position que nous avons choisi de renommer notre unité « Biologie cellulaire et cancer ». Ce nom veut souligner que l’unité regroupe des équipes centrées sur la biologie de la cellule, qui cherchent à en comprendre les mécanismes fondamentaux, mais que nous sommes aussi très investis dans l’étude des cancers, fortement engagés dans l’utilisation de nos connaissances et compétences en biologie cellulaire pour améliorer la compréhension et le traitement des cancers.
  • Nouvelle unité signifie-t-il nouveaux projets ou plutôt une continuité ?
    Nous avons recruté deux jeunes équipes récemment qui ont apporté leur énergie, leurs projets et modèles à l’unité. Les projets sont maintenant en place. Avec les travaux de rénovation qui s’annoncent, nous ne recruterons pas de nouvelles équipes dans un futur proche. Ceci étant, nous avons réfléchi au futur de la biologie cellulaire et de l’unité au sein de l’Institut Curie et nous avons identifié les défis que nous allons devoir relever, les faiblesses que nous devrons corriger en lien avec les investissements à réaliser. Ceci comprend par exemple de progresser dans l’analyse d’image et plus globalement dans la biologie quantitative, dans la modélisation, dans la mise en œuvre de nouveaux modèles intégrés comme des organoïdes issus de cellules pluripotentes, dans des études in vivo.
  • Vous avez demandé à Renata Basto d’être directrice adjointe de l’unité ? Lorsque nous discutions de ma candidature en tant que directeur de l’UMR 144 il me semblait évident qu’il fallait que ce soit une équipe de direction et non simplement un directeur qui soit choisie. J’ai très vite demandé à Renata Basto si elle serait prête à m’accompagner dans cette mission. Elle a accepté et je lui en suis grès. C’est important parce que nous nous entendons parfaitement même si nous sommes très différents, en accord sur la majorité des sujets – mais pas sur tous! -, chacun avec nos qualités et nos défauts. Un respect mutuel et une complémentarité essentiels à mon avis. Je compte maintenir une discussion permanente avec elle et un partage total des informations même si, j’en ai conscience, ce sera à moi le cas échéant d’arbitrer et endosser les responsabilités attachées à la charge de chef d’unité.
« Tous mes vœux de succès ! C’est une belle et grande unité au cœur de la recherche de l’Institut Curie. Je suis sûr que Franck Perez et Renata Basto sauront très bien la diriger. Mon équipe poursuivra ses recherches au sein de cette nouvelle Unité de biologie cellulaire cancer pendant les prochaines cinq années. » Bruno Goud, directeur du Centre de recherche depuis le 1er septembre 2018, et désormais chef d’équipe dans l’unité de Franck Perez.