Actualités de l’unité

La voie est ouverte pour le développement d’un candidat médicament large spectre contreplusieurs toxines, virus et bactéries pathogènes

Les équipes de Ludger Johannes de l’Institut Curie et de Daniel Gillet du CEA, avec leurs collaborateurs, ont mis à jour le mécanisme d’action d’une molécule susceptible de neutraliser l’effet délétère d’un grand nombre d’agents pathogènes, dont des toxines produites par Escherichia coli entérohémorragique, le virus Ebola, ou encore la toxine du choléra. Ces résultats, publiés le 17 février 2020 dans Nature Chemical Biology, ouvrent la voie à l’élaboration d’un médicament à large spectre. Communiqué de presse

L’Académie allemande des sciences Leopoldina, la plus ancienne société savante au monde en activité sans discontinuité, a désormais un nouveau membre : Ludger Johannes, directeur d’unité au Centre de recherche à l’Institut Curie.

Ludger Johannes, directeur de recherche classe exceptionnelle Inserm et déjà membre de l’organisation européenne de biologie moléculaire (EMBO), vient de rejoindre la Leopoldina, prestigieuse société savante. Cette institution qui existe depuis plus de 350 ans est depuis 2008 reconnue comme la seule et unique académie allemande des sciences.

Outre les conférences occasionnelles et l’organisation de manifestations scientifiques, les membres de la Leopoldina sont appelés à participer activement à des groupes de travail qui traitent de manière interdisciplinaire des questions de société et de politique actuelles. Les nouveaux membres sont choisis par les anciens. Liste des membres

Biosketch

Ludger Johannes (PhD) est directeur de recherche (DRE) à l’INSERM. Depuis le début de ses études de premier cycle en biochimie en 1987, il est membre de la Studienstiftung des Deutschen Volkes (organisation allemande des étudiants allemands extraordinairement qualifiés), depuis 1993 du Boehringer Ingelheim Fonds, depuis 2012 de l’Organisation Européenne de Biologie Moléculaire (EMBO), et depuis 2019 de l’Académie allemande des sciences – Leopoldina. Entre 2001 et 2013, il a dirigé l’équipe Trafic, Signalisation et Ciblage Intracellulaire au sein du département de biologie cellulaire (UMR144 CNRS) de l’Institut Curie. Depuis janvier 2014, il dirige l’unité Chimie et Biologie de la Cellule (U1143 INSERM – UMR3666 CNRS). Ses recherches visent à établir les concepts fondamentaux de l’endocytose et du trafic intracellulaire. L’équipe de Ludger Johannes a apporté deux contributions majeures dans ce contexte : la découverte d’une interface de trafic intracellulaire entre les endosomes précoces et l’appareil de Golgi, et la démonstration que la réorganisation dynamique des glycosphingolipides induite par la lectine agit comme un moteur pour la construction de puits endocytiques pour l’endocytose indépendante de la clathrine. Ces études sont fortement citées et ont été publiées dans plusieurs revues à forte visibilité, notamment Cell, Nature, Nature Cell Biology et Nature Nanotechnology. Entre 2014 et 2020, il a été titulaire d’une bourse avancée du Conseil Européen de la Recherche (ERC). Il vise également à exploiter ses découvertes dans la recherche fondamentale en biologie membranaire pour le développement de stratégies innovantes de thérapie du cancer. Son équipe a validé la sous-unité B de la toxine de Shiga (STxB) en tant que « pilote » pour l’administration de composés thérapeutiques à des localisations intracellulaires précises de cellules dendritiques et de tumeurs (12 familles de brevets, dont 5 qui sont délivrés aux États-Unis, en Europe et dans d’autres pays ; création de sociétés de biotechnologie). Ludger Johannes fait partie du comité de rédaction de plusieurs revues internationales (dont PLoS One et Traffic). Son équipe est membre de l’initiative d’excellence Cell(n)Scale.

Raphaël Rodriguez, « Tetrahedron Young Investigator Award »

Focalisé sur des problématiques de biologie du cancer, Raphaël Rodriguez reçoit le « 2019 Tetrahedron Young Investigator Award », prestigieux prix international dédié aux chimistes de moins de 40 ans pour leur exceptionnelle créativité. II devient ainsi le premier scientifique français à recevoir cette distinction parmi une longue liste d’illustres pairs.

Raphaël Rodriguez, directeur de recherche CNRS, a rejoint l’Institut Curie début 2015 pour donner une orientation biologique à ses recherches. « En tant que chimiste, j’ai beaucoup à apprendre des biologistes et médecins de l’Institut Curie, raconte le chef de l’équipe Chimie et Biologie du Cancer (Institut Curie/CNRS/Inserm/PSL). J’espère aussi pouvoir apporter notre pierre à l’édifice ». La même année, il reçoit un financement de l’Europe, un ERC Consolidator grant, lui permettant de poursuivre ses recherches sur des petites molécules qui ciblent le fer lysosomal et la régulation de la transition epithelio-mesenchymateuse par le fer au niveau chromatinien.

« En tant que chimiste, j’ai beaucoup à apprendre des biologistes et médecins de l’Institut Curie »

En mai 2014, l’équipe de Raphaël Rodriguez, alors à l’Institut de chimie des substances naturelles du CNRS, synthétise une petite molécule, la remodeline, capable de corriger les défauts de l’organisation de la chromatine observés dans le vieillissement cellulaire en ciblant l’acétyl transferase NAT10.

Aujourd’hui avec son équipe, il met au point différentes techniques – imagerie des petites molécules, séquençage haut débit, protéomique – pour explorer les mécanismes d’action de ces petites molécules sur les cellules souches tumorales. Des travaux lui ayant valu d’être élu ‘Fellow of the Royal Society of Chemistry’ en 2018.

Raphaël Rodriguez allie avec succès connaissances fondamentales et progrès de la recherche biomédicale et comme il le rappelle : « Cette orientation vers la recherche translationnelle n’est possible que dans des institutions comme l’Institut Curie qui allie un Centre de recherche et un Ensemble hospitalier ».

Autant de raisons qui ont motivé les éditeurs de la revue historique de chimie Tetrahedron d’Elsevier à décerner à Raphaël Rodriguez le prix éponyme dans la catégorie bioorganique et chimie médicinale.

Actualité proposée par Céline Giustranti,
Responsable de la Communication externe – Siège

Une jeune chercheuse de l’équipe de Christophe Lamaze honorée pour ses compétences en communication.

Les chercheurs doivent pouvoir expliquer et présenter leurs travaux. Un « plus » pour sa carrière qui maîtrise déjà Stephanie Torrino qui vient de recevoir le prix Helen Stark de la meilleure communication scientifique au congrès des jeunes chercheurs de l’ARC.