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Une nouvelle cible thérapeutique dans le médulloblastome

L'équipe Signalisation, développement et tumeurs cérébrales à Orsay, dirigée par Olivier Ayrault, dépend de l’unité Signalisation normale et pathologique : de l'embryon aux thérapies innovantes des cancers - Institut Curie / CNRS UMR 3347 / Inserm U1021.

En explorant les maigres informations moléculaires connues dans un type de cancer pédiatrique, Celio Pouponnot et ses collègues de l’Institut Curie ont mis au jour une cible thérapeutique contre laquelle un potentiel médicament est déjà en phase de recherche clinique. 

Le médulloblastome est une tumeur pédiatrique rare. Il touche une centaine d’enfants par an en France et s’attaque à leur cervelet, une structure à la base du cerveau. Ces tumeurs sont classées en quatre types parmi lesquels le groupe 3 est à « haut risque ». Le traitement standard implique chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie, mais aucun traitement ciblé n’est pour l’instant disponible contre ces tumeurs. Les traitements actuels ne sont que partiellement efficaces et induisent d’importants effets indésirables à long terme.

Les médulloblastomes du groupe 3 sont aussi les plus mal caractérisés. Une des rares informations dont les chercheurs disposaient jusqu’alors était qu’une voie de signalisation, appelée TGFβ/activine, était activée dans 5 à 10 % de ces cancers.

 

Une voie de signalisation prometteuse

L’équipe de Celio Pouponnot étudie le médulloblastome depuis plusieurs années. Ils ont donc voulu en savoir plus sur cette voie TGFβ/activine : « nous avons mis en évidence que cette voie était bien activée dans le médulloblastome du groupe 3 et dans des proportions plus importantes que les 5 à 10 % jusqu’ici connus. Il faut savoir que cette voie d’activation est bien étrange. On la sait normalement impliquée dans le développement de l’embryon, mais dans le cancer, elle joue un double jeu, tantôt « suppresseur de tumeur », tantôt augmentant au contraire la prolifération des cellules cancéreuses et augmentant leur pouvoir de migration et de formation de métastases », détaille le chercheur.

Mais ils savaient aussi qu’un nouveau médicament, le galunisertib, est à l’essai contre le glioblastome (un cancer du cerveau) de l’adulte cette fois, qui présente cette même activation. Leur découverte ouvre donc la voie à un possible essai de cette thérapie contre le médulloblastome, pour des enfants chez qui les traitements classiques ont échoué.

Celio Pouponnot envisage aussi de poursuivre ses recherches sur cette voie TGFβ/activine, car elle serait aussi impliquée dans les capacités ou non des défenses immunitaires de l’organisme à reconnaître et combattre les cellules tumorales. « Mais pour cela, nous devons développer d’autres modèles d’étude préclinique », précise le chercheur.

À noter que ces travaux n’auraient pas été possibles sans l’approche intégrée du centre SIREDO de l’Institut Curie dirigé par Olivier Delattre. Le SIREDO, pour Soins, Innovation, Recherche en oncologie de l’Enfant, de l’aDolescent et de l’adulte jeune, intègre donc toutes ces dimensions. Ce travail a été réalisé dans un cadre collaboratif avec des médecins et des chercheurs, les neuro-oncopédiatres Fraçois Doz et Franck Boudeaut ainsi qu’avec l’équipe de recherche de ce dernier, celle d’Olivier Ayrault et une collaboration internationale avec Michael Taylor et Florence Cavalli (Toronto, Canada).

En savoir plus : https://www.embopress.org/doi/10.15252/emmm.201809830

 

Auteur : Valérie Devillaine