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Un nouvel acteur dans la régulation de l’épigénétique

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L’équipe de Raphaël Margueron, en collaboration avec celle de Déborah Bourc’his et d’autres équipes internationales, a mis en évidence le rôle d’un nouvel acteur essentiel dans la régulation des gènes, et dans ses dysfonctionnements qui peuvent donner lieu à différentes maladies.

L’expression des gènes, c’est à dire le contrôle de leur utilisation par une cellule donnée et à un temps donné, répond à des mécanismes complexes. Un groupe de protéines appelé Polycomb contribue à l’orchestration des gènes, en les réduisant au silence quand ils doivent être inhibés par des phénomènes qu’on appelle épigénétiques. « Chez les mammifères, la “machinerie Polycomb” est composée de plusieurs dizaines de protéines », explique Raphaël Margueron, chercheur à l’Institut Curie (INSERM U934/ CNRS UMR3215). Son équipe s’intéresse de près à cet ensemble et aux d’autres acteurs qui gravitent autour pour indiquer aux protéines du groupe Polycomb quels sont les gènes dont l’expression doit être bloquée.

Dans ce cadre, Raphaël Margueron et ses collègues viennent de mettre en évidence le rôle d’un acteur jusqu’ici inconnu dans ces processus : EZHIP. Son intervention serait nécessaire pour la maturation des gamètes femelles (cellules reproductrices). Leur découverte, publiée dans Nature Communications, intervient en même temps que d’autres équipes ont révélé le rôle d’EZHIP dans plusieurs types de cancer du cerveau de l’enfant. Soulignant leur intérêt scientifique et médical, ces différentes révélations ont fait l’objet d’une mise en perspective dans la revue Nature dans laquelle les auteurs notent que « ces études jettent les bases de l’exploration du rôle de cette protéine dans le déclenchement du cancer et indiquent que cibler PRC2 ou EZHIP pourrait avoir un potentiel thérapeutique pour les enfants atteints [ces cancers] ». Fort de ces avancées prometteuses, « on va continuer à étudier ce cofacteur pour comprendre pourquoi il est si important », promet Raphaël Margueron.

Sources

EZHIP constrains Polycomb Repressive Complex 2 activity in germ cells