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Fatima Mechta-Grigoriou, soutenue par la Fondation ARC

Fatima Mechta-Grigoriou, chef de l'équipe "Stress et cancer" au sein de l'unité 830 Inserm "Génétique et biologie des cancers" à l'Institut Curie.

Parmi les 24 nouveaux programmes de recherche sur le cancer soutenus par la Fondation ARC, le projet de l’Institut Curie porté par la cheffe d’équipe Fatima Mechta-Grigoriou s’intéresse à la résistance aux immunothérapies dans les cancers du poumon et de l’ovaire. 

Au sein des tumeurs cancéreuses, les cellules du système immunitaire luttent en permanence contre le développement des cellules tumorales, porteuses de mutations génétiques. De plus, une autre population cellulaire est présente en abondance dans ces tumeurs : les cellules stromales, ou fibroblastes. Longtemps considérées comme agissant seulement sur les cellules tumorales, les travaux récents de l’Equipe stress et cancer au Centre de recherche de l’Institut Curie, dirigée par Fatima Mechta-Grigoriou, directrice de recherche Inserm) ont démontré que ces cellules de soutien inhibent aussi l’action du système immunitaire en empêchant son activité de défense et de protection de l’organisme.

Mieux appréhender la résistance aux immunothérapies

Ce constat est au cœur même du projet de cette équipe de recherche : comprendre les mécanismes moléculaires impliquant des cellules normales de l’environnement tumoral détournées par les cellules tumorales à leur profit. « L’idée du projet est de déterminer si le contenu au diagnostic de ces populations stromales, ui possèdent une action immunosuppressive, n’est pas un acteur majeur dans la résistance aux immunothérapies. » indique Fatima Mechta-Grigoriou. Intégré à la seconde édition du programme de soutien financier SIGN’IT de la Fondation ARC, le projet vise à identifier des signatures stromales prédictives de la réponse aux immunothérapies pour guider la décision thérapeutique. « Le but, à terme, est de développer des stratégies thérapeutiques qui vont nous permettre de lutter contre les cellules stromales, celles-là même qui empêchent l’action du système immunitaire. » ajoute-t-elle.

Une collaboration stratégique majeure

Déjà en cours de réalisation, ces travaux sont développés en collaboration étroite avec les Drs Anne Vincent-Salomon, responsable du Pôle de médecine diagnostique et théranostique et cheffe du Service de pathologie du site parisien de l’Institut Curie, et Emanuela Romano, directrice médicale du Centre d’immunothérapie des cancers de l’Institut Curie. Par ailleurs, les Prs Gérard Zalcman, de l’Unité génétique et biologie des cancers, et Nicolas Girard, responsable de l’Institut du Thorax Curie-Montsouris, ainsi que le groupe Arcagy-Gineco sont des partenaires essentiels à ce projet. « Ces médecins ont une importance majeure dans le déroulé du projet puisqu’ils permettent l’accès à des cohortes de patients dont nous avons besoin. C’est un travail de recherche fondamentale s’appuyant sur des collaborations médicales précieuses », conclut Fatima Mechta-Grigoriou.

Corentin Mathé — Deletang