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Faire parler les biomarqueurs

La biostatistique en oncologie s’attache à déterminer les traitements adaptés aux différents profils de patients afin de prodiguer une médecine toujours plus personnalisée. Cette discipline est renforcée à l’Institut Curie avec l’arrivée d’une nouvelle équipe dirigée par le Pr Aurélien Latouche.

L’équipe Méthodes Statistiques pour la médecine personnalisée a ainsi rejoint l’unité Cancer et génome : bioinformatique, biostatistiques et épidémiologie (Inserm U900, Mines ParisTech). Ses chercheurs travaillent d’ores et déjà sur la validation de biomarqueurs, caractéristiques biologiques mesurables, qui sont utilisées pour le pronostique ou l’attribution d’un traitement. Les méthodes développées par ces scientifiques, à mi-chemin entre statisticiens  et cliniciens,  permettent d’établir les seuils et les recommandations à donner en fonction de l’observation de ces biomarqueurs.

Predcurves LatoucheAurélien Latouche s’est intéressé à la biostatistique lors de sa thèse à l’hôpital Saint-Louis. Il a confirmé ses compétences en devenant maître de conférences à l’Université de Versailles en 2007 puis Professeur des Université  en 2011  au Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam).

Aujourd’hui le biostatisticien partage son temps entre enseignements au  Cnam et son laboratoire à l’Institut Curie. « J’ai eu envie de m’intéresser aux problématiques du cancer et à l’échange avec les cliniciens. Eux posent une question et à moi de la formaliser et d’y répondre dans un langage intelligible et pertinent» explique le chercheur qui précise également son choix « le modèle Curie, le continuum entre la recherche fondamentale et clinique est un environnement propice à nos recherches. »

Des projets de recherches
L’équipe travaille sur plusieurs axes de recherches comme la validation des biomarqueurs pronostiques (marqueurs permettant de prédire les caractéristiques évolutives propres d’une pathologies) et les biomarqueurs prédictifs, qui permettent de prédire la réponse au traitement sur une pathologie.

Les biomarqueurs sur lesquels nous travaillons sont notamment les cellules tumorales circulantes, cellules qui se déplacent avec le sang une fois passées dans le système vasculaire depuis une tumeur, en collaboration avec le Pr. F.C Bidard. L’étude de la capacité pronostique  des CTC pour prédire la rechute soulève des problèmes méthodologiques liés à la structure heterogène de la  méta-analyse  IMENEO (International Meta-analysis of breast cancer NEO adjuvant CTC studies).

Les chercheurs étudient également, en collaboration avec les Pr. J.Y. Pierga et R. Rouzier, la désescalade thérapeutique, nouvelle réflexion qui repose sur le développement de méthode statistiques permettant  d’ identifier  les sous groupes de patients pour qui le traitement habituellement donné  n’est pas profitable. Ce projet repose  notamment sur  l’exploitation des données de l’essai MINDACT qui visait à évaluer l’intérêt d’un test prédictif, reposant sur une signature de 70 gènes appelée MammaPrint, pour compléter un test clinico-pathologique, dans la décision de traiter par chimiothérapie adjuvante des femmes opérées d’un cancer du sein à un stade précoce.

2 thèses débutent fin 2017  sous la direction d’A. Latouche .