Edito

Uriel Chantraine/Institut Curie

Plus de 1000 chercheurs, ingénieurs, techniciens, personnels administratifs travaillent au Centre de Recherche de l’Institut Curie. Leur but est de comprendre de mieux en mieux comment les organismes vivants se développent et fonctionnent tant au niveau moléculaire et des constituants essentiels du vivant (acides nucléiques, protéines, lipides), qu’au niveau de la cellule, unité de base du vivant, et qu’enfin au niveau des tissus et organes. Les progrès récents de la biologie nous apprennent que le fonctionnement des systèmes vivants dépend étroitement de leur environnement physico-chimique. C’est pourquoi, au sein du Centre de Recherche, les physiciens (un héritage de Marie Curie !) et les chimistes travaillent en étroite collaboration avec les biologistes. Ils s’appuient pour leurs recherches sur des plateformes technologiques de haut-niveau hébergeant les appareils les plus récents. Ces travaux servent à mieux comprendre comment les systèmes biologiques sont dérégulés dans des conditions pathologiques, dont en premier lieu le cancer.

Le transfert des connaissances est la mission de notre Département de Recherche translationnelle qui fait le lien entre les chercheurs et les cliniciens de l’Ensemble hospitalier de l’Institut Curie, ce qui permet aux patients de bénéficier des soins les plus innovants.

Notre mission est aussi la formation et la diffusion du savoir. Nous accueillons ainsi des doctorants et post-doctorants venus du monde entier (de plus de 80 nationalités !) et organisons de très nombreux séminaires dans lesquels les meilleurs scientifiques viennent présenter leurs résultats.

Toutes ces missions font de l’Institut Curie un lieu d’excellence dans la recherche et le traitement du cancer. Vous en trouverez le détail sur notre site

Bruno Goud
Directeur du centre de recherche

 

Ancien élève de l’Ecole normale supérieure (ENS) de Cachan, Bruno Goud commence par suivre une formation d’immunologiste. « C’est en étudiant le phénomène d’endocytose chez les lymphocytes que j’ai commencé à m’intéresser à la biologie cellulaire » explique-t-il. Entré au CNRS en 1982 après une thèse sur le trafic membranaire dans les cellules du système immunitaire, il rejoint en 1986 l’Université de Yale (Etats-Unis) où il caractérise chez la levure la fonction d’une protéine impliquée dans la régulation du transport intracellulaire. Déterminer les mécanismes moléculaires impliqués dans le transport des protéines et des lipides entre les compartiments de la cellule eucaryote, et comprendre comment la dérégulation de ces mécanismes conduit au cancer, deviennent dès lors ses thématiques de prédilection. D’abord à l’Institut Pasteur, puis à l’Institut Curie où, à partir de 1995, il dirige l’Equipe mécanismes moléculaires du transport intracellulaire. Pour atteindre son objectif, Bruno Goud, qui dirige également depuis 2003 l’Unité compartimentation et dynamique cellulaires, mise sur une approche résolument interdisciplinaire, allant de la biologie cellulaire et moléculaire à l’imagerie sur cellules vivantes, en passant par la physique.

Bruno Goud est membre de l’EMBO depuis 2005 et a obtenu le Grand prix Jaffé de la fondation de l’Institut de France en 2009 puis la médaille d’argent du CNRS en 2011. Il coordonne depuis 2012 le Labex CelTisPhyBio (PSL) à l’interface entre la biologie et la physique, et depuis 2017 l’Institut de Convergences Q-Life qui réunit une centaine d’équipes travaillant dans les instituts et écoles rattachées à PSL (Paris Sciences et Lettres) sur les approches de biologie quantitative. Il a obtenu en 2013 un ERC (European Research Council) advanced grant pour financer ses recherches sur les mécanismes du transport intracellulaire.