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Découverte d’un nouveau type de cellules immunitaire impliquées dans l’infection par le VIH

PhilippeBenaroch-AlexandreLescure_ InstitutCurie

Une population de cellules précurseurs des cellules dendritiques vient d’être découverte par l’équipe du Dr Philippe Benaroch. Ces cellules joueraient un rôle clé dans l’infection par le virus VIH.

L’équipe de Dr Philippe Benaroch, immunologiste à l’Institut Curie et chef d’équipe « Cellules myéloïdes et immunité » au sein de l’unité Inserm U932 « Immunité et cancer », en collaboration avec le laboratoire du Dr Florent Ginhoux de l’institut de biologie médicale de Singapour, a découvert qu’une sous-population de cellules immunitaires du sang a des propriétés uniques vis-à-vis du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Ces cellules sont des précurseurs des cellules dendritiques, véritables sentinelles de notre organisme chargées de détecter les intrus et d’avertir le système immunitaire pour les détruire. Les scientifiques publient leurs travaux dans la prestigieuse revue PNAS.

« Parmi les globules blancs qui circulent dans le sang, 1% sont des cellules dendritiques, et parmi celles-ci 1% sont des cellules précurseurs récemment découvertes. C’est une population très minoritaire, raison pour laquelle elles étaient passées sous le radar des chercheurs jusqu’à aujourd’hui », explique le Dr Philippe Benaroch. Malgré leur petit nombre, les cellules dendritiques jouent un rôle crucial contre les virus. Elles sont, en effet, les seules à initier efficacement les réponses immunitaires antivirales. Mais ces récents travaux suggèrent que face au VIH, cette nouvelle population de cellules dendritiques est vulnérable.

 « Une des caractéristiques spécifiques de ces cellules est d’exprimer à leur surface un récepteur baptisé SIGLEC-1. Or, ce dernier est connu pour avoir une affinité importante pour le VIH, décrit le chercheur. Elles sont alors capables de capturer le virus circulant dans le sang, et de s’infecter. Le VIH peut alors se multiplier. Il s’avère, en outre, que les nouveaux virus produits s’accumulent dans un compartiment intracellulaire où ils semblent protégés. » Les précurseurs des cellules dendritiques infectés sont ainsi transformés en petite bombes à retardement. Armés de ces nouveaux virus, les cellules infectées pourraient migrer ensuite vers les ganglions où se trouvent de nombreux lymphocytes CD4, des cellules immunitaires particulièrement ciblées par le VIH.

En exposant ces lymphocytes au VIH, les précurseurs des cellules dendritiques participeraient ainsi aux phases précoces de l’infection. « Elles y contribuent par l’intermédiaire du récepteur Siglec-1. Ce dernier pourrait donc représenter une nouvelle cible thérapeutique dans la lutte contre le VIH », conclut Philippe Benaroch.

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