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L’actine en action

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L’actine est à la base du mouvement de nos cellules, parfois pour notre bien comme pour la cicatrisation des blessures, parfois pour notre mal dans le cas des métastases cancéreuses. Un symposium international interdisciplinaire rassemblera biochimistes, biophysiciens, biologistes, modélisateurs, biomécaniciens pour faire le point sur les mécanismes d’action mécanique et biochimique de cette protéine.

L’actine est une des protéines majeures du « cytosquelette », littéralement le squelette de nos cellules, qui sous-tend la forme des cellules, comme notre squelette osseux sous-tend notre silhouette. Ce squelette permet de bouger, de se déplacer. Par contre, il y a une différence majeure entre le cytosquelette et notre squelette osseux: celui de la cellule est composé de filaments, sortes de tiges, qui constamment s’allongent et se raccourcissent ou se contractent. Un peu comme si, pour attraper une tranche de pain à table, notre bras pouvait s’allonger en quelques minutes de quelques mètres pour atteindre la corbeille à pain puis se raccourcir pour l’amener à côté de notre assiette. Ou encore comme si nous pouvions escalader un mur simplement en se collant à la façade et en laissant nos os s’allonger et se rétracter pour nous hisser. Ainsi, l’actine, qui forme le cytosquelette de nos cellules, agit par ses propriétés biochimiques d’assemblage, mais aussi par ses propriétés mécaniques. Elle forme des filaments dont l’épaisseur est mille fois plus faible que la taille des cellules et dont la longueur peut atteindre la taille cellulaire. Cette protéine a donc fasciné des communautés scientifiques très diverses, comme celles de la mécanique, de la biologie cellulaire, de la biochimie. Les filaments d’actine s’assemblent et se désassemblent, s’allongent et se raccourcissent, forment des maillages de filaments interconnectés à l’aide d’autres protéines, afin d’assurer le mouvement robuste des cellules. Ce mouvement des cellules ou « motilité » cellulaire, est augmenté dans les cellules métastatiques qui vont infecter un nouveau foyer en se déplaçant dans notre corps. Ces cellules métastatiques sont transportées sur des longues distances par le sang, mais, pour atteindre les vaisseaux sanguins, elles doivent traverser l’espace dense des tissus. Pour cela, elles se déplacent en se déformant pour se faufiler dans des espaces même très étroits.

C’est la dynamique du cytosquelette qui intervient pour le déplacement anormalement rapide des cellules cancéreuses. Comprendre cette dynamique permet donc de la cibler par des médicaments pour retarder voire stopper ce mouvement. C’est pourquoi l’Institut Curie est partenaire de cette conférence, avec Cécile Sykes en tant que membre du comité international d’organisation, et Matthieu Piel et Danijela Vignjevic en tant qu’orateurs invités. Les autres conférenciers sont issus d’universités prestigieuses comme la Harvard Medical School, l’université de Princeton et de Yale aux Etats-Unis; en Europe, le European Molecular Biology Laboratory à Heidelberg et l’université de Dresde, en Allemagne, le King’s College à Londres et le Medical Research Center, en Angleterre, l’Institut de Recherche Technologique d’Haifa en Israel, et, en France, le commissariat à l’Energie Atomique et le CNRS de Grenoble, le Collège de France et l’Institut Jacques Monod à Paris.

Ce symposium rassemble des contributions multidisciplinaires dans le but de faire émerger une compréhension des mécanismes génériques du mouvement cellulaire lié à la dynamique de l’actine, définissant ainsi quelle cible permettra de contrôler le mouvement des cellules métastatiques. Une telle rencontre permet d’unir les forces et les compétences des différentes communautés scientifiques pour mieux combattre le cancer et en particulier les métastases cancéreuses.

Actin in Action, from Molecules to Cellular Functions, EMBO/EMBL Symposium, 7-10 Septembre 2016, Heidelberg (Germany).

Actin in Action