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DNMT3C, une enzyme de méthylation de l’ADN en première ligne de la bataille contre les transposons

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A propos de la publication de l’équipe Décisions épigénétiques et reproduction chez les mammifères parue dans la revue Science

La méthylation de l’ADN joue un rôle central dans le contrôle épigénétique du développement. On pensait que toutes les enzymes contrôlant la méthylation de l’ADN, à savoir 4, avait été identifiées à ce jour chez les mammifères. De manière fortuite, suite à l’apparition d’une mutation spontanée dans une colonie de souris, Déborah Bourc’his (Institut Curie, UMR3215), en collaboration avec Florian Guillou (INRA), et Yann Hérault IGBMC, CNRS/Inserm), a découvert une nouvelle ADN méthyltransférase, DNMT3C, qui avait été précédemment annotée comme un pseudogène. Le niveau de spécialisation de DNMT3C est très surprenant : elle n’agit qu’au cours de la spermatogenèse fœtale, elle ne méthyle que les transposons et reconnaît sélectivement les plus actifs et donc potentiellement les plus dangereux. En son absence, ces séquences parasites endogènes sont massivement réactivées, conduisant à une absence de spermatozoïdes et une stérilité mâle.  Ces travaux révèlent que DNMT3C est un garant indispensable de la fertilité. Autre surprise : DNMT3C est une innovation spécifique aux rongeurs, qui serait apparue il y a 46 millions d’années. Se pose ainsi la question de savoir quels mécanismes alternatifs existent chez l’homme, qui n’est pas doté de DNMT3C, pour préserver la fertilité masculine contre les effets délétères des transposons.

The DNA methyltransferase DNMT3C protects male germ cells from transposon activity
Science  18 Nov 2016:Vol. 354, Issue 6314, pp. 909-912 / DOI: 10.1126/science.aah5143
Joan Barau, Aurélie Teissandier, Natasha Zamudio, Stéphanie Roy, Valérie Nalesso, Yann Hérault, Florian Guillou, Déborah Bourc’his